Portrait

Quand on est revenu le voir pour signer la convention, Sezer nous a dit « Je me suis renseigné sur votre truc Ernest là, personne ne vous connaît dans le quartier ! »
Il n’a cependant pas hésité une seconde avant de s’engager à nos côtés.

Et on a vite compris qu’il était du genre taquin, comme ton oncle Pierrot qui ne te lâche pas pendant les réunions familiales parce que ça le fait bien rigoler de te demander pour la vingtième fois si tu as enfin trouvé un vrai travail ou si tu as un petit-ami. Au fond c’est sa façon de te montrer sa bienveillance.
Nihal, en cuisine, et Sezer donc, en salle, sont tous deux nés en Turquie mais cela fait 25 ans que leur recette du bonheur fonctionne aux saveurs turques et grecques dans ce coin tranquille du Xe arrondissement.

« La plupart de nos clients sont des habitués qui reviennent chez nous parce qu’ils sont bien accueillis et qu’ils y mangent bien », résume-t-il. La vie est parfois simple, même quand elle oblige à vivre loin de chez soi. Mais chez Barak, on reforme le cercle où tout le monde est convié dans une ambiance familiale. Les plats sont typiques mais pas les gens. Un espace est aussi réservé à des expositions d’artistes ; on y joue aussi, parfois, de la musique, « grecque, turque ou arménienne », raconte Sezer, « nous sommes tous camarades ».