Portrait

La Dame Jane (Jeanne en vieux français) est une grande bouteille de verre qui servait à conserver le vin. Julie, la maîtresse des lieux, aimait bien ce terme un peu poétique et a décidé d’en faire son élément principal de décoration

… en transformant ces jolis contenants en luminaires. Après quinze ans d’expérience dans la restauration où elle s’est, chaque jour, rapprochée du vin devenu sa passion, Julie s’est lancée, il y a deux ans, en ouvrant Dame Jane, un endroit forcément porté sur la bouteille : il s’agit aussi d’une cave et d’une épicerie de terroirs.

« Il n’y a pas une bouteille ici que je ne pourrais défendre », promet la boss. Mais l’établissement tourne aussi beaucoup autour de l’assiette. Très vite, Jane a trouvé Jeff sur son chemin, à moins que ça ne soit l’inverse. Ancien cuisinier de Troyes doté d’un CAP, ce tatoué s’est ensuite consacré à la fripe, au relooking de stars, avant de repasser derrière le fourneau. « C’est un monstre de cuisine, toujours dans la recherche », assure Julie. Selon elle, Jeff apporte énormément à l’âme du lieu, traitant ses convives comme des petits moineaux qu’il aime nourrir directement à la béquée pour un rab de dessert.
Christophe, musicien quand il n’est pas au restaurant, remplace Julie au rythme de ses voyages à la rencontre des vignerons ou autres producteurs ; tout comme Ernest, Les dame-janiens cultivent l’importance des circuits courts. Dans cette salle conçue « comme si on recevait vingt copains à la maison », la cuisine est donc fraîche, presque improvisée (le menu du midi est décidé le matin). Il n’y a pas de carte mais de la parole pour expliquer et suggérer, dans l’amour de la transmission.