Portrait

Faut qu’on parle d’un truc d’abord. Parce que quand même !

Vivien Durand a appelé son fils Ernest en référence à l’écrivain américain Hemingway. Et nous, chez Ernest, on a fait pareil pour le nom de notre association. On était un peu fait pour s’entendre, à la base, donc.

Ensuite vient le mec. Un dingo trop sympa qui cuisine comme un dieu, évidemment. Vivien s’est fait un nom aux caves de La Maison Eguiazabal, un petit bar à vins d’Hendaye où il a su créer la surprise en 2013 en décrochant une étoile Michelin dans ce cadre inattendu…

Il n’y avait pas changé le décor, avec de bons basques à bérets au comptoir qui poussaient la chansonnette après quelques verres, ce qui n’était pas toujours au goût de la clientèle nouvellement attirée par la michelinade. Vivien savait y défendre la préservation d’une mixité des publics, essentielle à la mise en scène de son art.

Dans le présent lieu, au Prince Noir, la recette est restée la même. Voici le château, enfin. Un édifice délirant perché sur une colline de Lormont face au large Pont d’Aquitaine. Un lieu chargé d’Histoire datant du 11ème siècle, rénové par Norbert Fradin. Dans ces murs aurait séjournée Aliénor d’Aquitaine lors de son mariage avec le roi de France et Edouard de Woodstock dit « Le Prince Noir », personnage mythique de la Guerre de Cent Ans. Vivien y a travaillé une atmosphère à son image, imposante, raffinée et décalée – on remarquera tous la Super Nintendo installée à l’accueil du restaurant qui permet aux enfants cachés en nous de patienter avant de passer à table 😉

 

La cuisine, pour conclure. Le chef prévient : « Quand un mec vient manger ici, il doit sentir qu’on cuisine POUR lui ». Ici on continue les découpages en salles, les cuissons entières. Des produits simples et bons, une grande base de technique classique, une large part d’improvisation. La carte ne comporte qu’une liste d’ingrédients, qui seront façonnés selon l’inspiration de l’équipe du restaurant. Ah oui, on oubliait : la famille.

La plus jeune du clan, c’est Charlotte, arrivée en juin dernier. Tous les autres sont là depuis le début. Il s ‘agit ici d’une maison où l’on reste, pour l’amour du partage et la douceur de la vie en collectif. Nous ne retiendrons qu’un point de désaccord avec Vivien, et il n’est pas des moindres: selon sa géographie personnelle, Bayonne ne se situe pas au Pays-Basque mais dans les Landes. On lui pardonnera son impertinence… pour cette fois !